Lorsque j’ai entamé ma reconversion, j’ai cherché un moyen valider mes connaissances orthographiques. Après quelques recherches, j’ai décidé de me lancer dans la préparation du certificat Voltaire. J’appréciais le fait de pouvoir rapidement valoriser mes connaissances en milieu professionnel, via un certificat portant sur différentes notions de la langue française écrite (ou non).

Depuis, j’ai été amenée à passer non pas une, mais bien deux fois le certificat, en obtenant d’excellents scores, et j’ai suivi une formation dédiée aux formateurs avec le projet Voltaire. Je suis donc plutôt bien placée pour vous en parler !

 


 

Qu’est-ce que le projet Voltaire ?

Le projet Voltaire est un programme de remise à niveau en langue française écrite qui a été lancé en 2008. Il est le fruit du travail conjoint entre des experts de l’orthographe et une société spécialisée dans l’acquisition des savoirs et des automatismes (Woonoz). Ainsi, ils proposent des programmes d’entrainement en ligne ou sur mobile, permettant d’améliorer de réapprendre et de maîtriser les règles d’orthographe et d’expression écrite, en se concentrant sur une pratique professionnelle.

Le certificat Voltaire est l’aboutissement de cet entrainement : il s’agit d’un examen en salle d’une durée de trois heures durant lequel le candidat doit trouver les fautes dans près de 200 phrases. Il obtient alors un score sur 1000 qu’il peut valoriser.

 

À qui s’adresse le projet Voltaire ?

Le projet Voltaire a une cible très large : du scolaire – avec des modules dédiés – aux professionnels, particuliers ou entreprises. Sa facilité de prise en main et ses tarifs abordables le rendent accessible à tous. Cependant, il adresse en priorité le contexte professionnel, aussi, gardez en tête qu’il ne vous servira pas à travailler un style plus littéraire.

 

Quelle est la pédagogie proposée par le projet Voltaire ?

Si vous avez cherché des informations sur la pédagogie du projet Voltaire, vous vous êtes peut-être rendu compte qu’elle était parfois décriée. En effet, qu’il s’agisse des modules d’entrainement ou de l’examen en lui-même, l’objectif est d’identifier des fautes dans des phrases. Cela suppose de lire volontairement des fautes, ce qui peut rapidement être perturbant.

L’acquisition des règles du français est facilitée par la visualisation des mots, qui permet de mieux les retenir. C’est pour ça qu’un conseil récurrent que l’on donne à ceux qui souhaitent améliorer leur niveau d’orthographe est de lire beaucoup.

S’entrainer à lire des fautes est donc contre-intuitif !

Mon avis sur la question : en effet, à court terme, vous allez vous apercevoir que l’entrainement rajoute de la confusion, et peut-être même que vous faites des erreurs sur des règles que vous pensiez maîtriser précédemment. C’est pour cela que je conseille à ceux qui souhaitent passer le certificat Voltaire de s’entrainer soit beaucoup… soit pas du tout !

Passé le moment de découragement où vous aurez l’impression de ne plus rien savoir, vous allez vous rendre compte que vous êtes obligés de maîtriser parfaitement les règles pour parvenir à aller plus loin que les doutes. Et bonnes nouvelles, c’est cette maîtrise que vous êtes venus chercher !

 

Les modules d’entrainement

Les applications d’apprentissage, en ligne ou sur mobile, sont conçues entre plusieurs modules regroupant chacun entre 5 et 10 règles à connaître. Un programme de remise à niveau est généré automatiquement pour vous concentrer sur les règles que vous ne maîtrisez pas encore. Les règles sont rappelées avec chaque réponse, avec un focus particulier quand cela s’avère nécessaire.

Le projet Voltaire a reçu le prix Richelieu Senghor 2015. Il a aussi reçu le prix EFFEP 2015 récompensant le meilleur outil d’apprentissage en ligne d’Europe, toutes disciplines confondues.

 

Le certificat Voltaire

 

L’examen

À l’issue de vos révisions, vous pouvez choisir de passer l’examen associé : le certificat Voltaire, qui vous permettra de faire valoir votre niveau de maîtrise des règles du français écrit.

Cet examen peut se faire sur papier ou en version informatique, selon le centre d’examen agréé que vous aurez choisi. Il dure trois heures, dont deux sont consacrées au QCM.

La première partie est consacrée à l’accueil, au rappel des règles et à une courte dictée, facile, dont le but est de détecter d’éventuels troubles liés à l’écriture.

La seconde partie est un QCM de 195 phrases, dans lesquelles vous devez repérer les fautes (0, 1, 2 ou 3). À l’issue de l’examen, vous obtenez une note sur 1000 qui va déterminer votre niveau d’orthographe, à faire valoir auprès de vos prochains employeurs / clients / parents !

 

Quelles sont les règles à connaître ?

Les questions portent principalement sur des règles grammaticales, mais également sémantiques, lexicales et syntaxiques, le tout dans un contexte d’écriture professionnelle :

  • 50  % de difficultés grammaticales, y compris la conjugaison ;
  • 25 % de difficultés sémantiques ou lexico-sémantiques (ex. : différent/différend, fond/fonds) ;
  • 10 % de difficultés lexicales ;
  • quelques difficultés syntaxiques.

Les difficultés lexicales sont moins traitées, car les correcteurs orthographiques sont généralement efficaces sur ces aspects. Cependant, les difficultés fréquemment rencontrées en milieu professionnel (« acompte », « occurrence »…) sont tout de même traitées.

 

Les questions de l’examen

Durant l’examen, les 195 phrases sur lesquelles vous serez interrogés sont divisées en deux sujets.

Le premier est évalué sur 700 points : il s’agit d’évaluer la maîtrise des difficultés courantes, notamment en milieu professionnel. Vous y trouverez des questions sur la conjugaison des verbes (« redire » se conjugue comme « dire » mais pas comme « prédire », « maudire » ou « dédire » qui ont une forme régulière), l’accord des mots (les jeudis matin), les confusions fréquentes (si/s’y, près/prêt …).

Le second, correspondant aux 300 points supplémentaires, porte sur des difficultés d’un niveau plus élevé et plus littéraire. Vous deviendrez incollable sur l’accord du participe passé des verbes pronominaux (et à distinguer les verbes essentiellement pronominaux, accidentellement pronominaux, pronominaux autonomes ou de sens passif !).

 

La réforme orthographique de 1990 est-elle prise en compte ?

Depuis 1990, un certain nombre d’évolutions ont été proposées, entrainant la possibilité d’écrire un même mot de deux façons différentes, sans que cela soit considéré comme une faute, comme cela était le cas auparavant.

Pas de piège à ce sujet : le projet Voltaire ne vous interrogera pas sur ces nouvelles règles, il n’y aura donc pas d’ambiguïté à ce sujet !

 

Que signifie le score obtenu ?

Il faut bien comprendre que tout le monde ne va pas viser les 1000 points à cet examen. En effet, le projet Voltaire a défini des niveaux d’orthographe et leurs équivalents en points. Concrètement :

 

  • un score de 300 points correspond à une maîtrise des fondamentaux de la langue française ;
  • un score de 500 points correspond à un niveau « professionnel » requis pour tout poste nécessitant un minimum d’écriture ;
  • un score de 700 points – niveau « supérieur – » indique une maîtrise de règles plus complexes et sera recherché pour des postes de cadre, de rédaction avancée, ou pour des professions manipulant beaucoup l’écrit (notaires, avocats, juristes…) ;
  • un score de 900 points – niveau « excellence » – indique une maîtrise quasi parfaite des subtilités de la langue française, bienvenue pour les métiers de l’écriture : journalisme, correction, traduction…

 

Comment mettre en valeur son score ?

Gardez en tête que 82 % des recruteurs sont sensibles à l’orthographe des candidats. Le score obtenu au certificat Voltaire vous permet donc de mettre en valeur vos compétences pour vous développer dans le milieu professionnel. Je vous conseille donc de l’afficher sur votre CV, et sur votre profil LinkedIn, par exemple. Si vous êtes en poste, n’oubliez pas d’en faire part à votre employeur !

La certification est valable quatre ans : vous aurez donc l’occasion de retenter votre niveau et de constater votre progression.

Quelle que soit votre ambition, je vous invite à bien vous poser la question du niveau visé avant de vous lancer dans vos révisions ! Et surtout de ne pas négliger le travail préalable : ce n’est pas si facile que ça en a l’air !

 

Les limites du certificat.

De nombreuses règles sont abordées et le périmètre (grammaire, orthographe, sens des mots …) est assez vaste pour vous aider dans votre travail, quel qu’il soit. Cependant, voici les quelques limites à garder en tête si vous envisagez de passer ce certificat :

 

  • il est bien évidemment impossible d’évaluer un candidat sur l’ensemble des (très) nombreuses règles et (encore plus) nombreuses exceptions de notre chère langue française. Ainsi, même avec le score rarement atteint de 1000/1000, vous n’êtes pas à l’abri de faire une erreur sur un mot inconnu ou un cas particulier !
  • pour le niveau « excellence » notamment, le français attendu est d’un niveau « soutenu ». Par exemple, l’adverbe « naguère » n’y sera admis que dans son sens littéraire (il y a peu de temps, récemment) et non dans son sens familier (il y a longtemps, jadis). Si vous n’exercez pas un métier « de lettres », on n’attendra donc pas de vous que vous dépassiez les 900 points.

 

En pratique, comment préparer le certificat Voltaire ?

Même si cette rubrique semble évidente, j’ai eu du mal à me décider de l’ordre dans lequel les aborder. Pour cet examen, je suis convaincue qu’il ne suffit pas d’apprendre les règles, puis de faire quelques exercices pour s’assurer de leur bonne compréhension. Je m’explique.

Au cours de l’examen, vous allez devoir repérer des fautes dans des phrases. Donc, au cours de votre entrainement, vous allez lire et relire des dizaines de phrases contenant des fautes. Et cela est particulièrement perturbant. Partez du principe que certaines règles que vous maîtrisez aujourd’hui sans même y penser vous sembleront soudainement compliquées lors de l’examen !

 

Concentrer ses efforts

L’examen porte sur deux sujets. Le premier correspond aux 130 premières phrases et est noté sur 700 points. Vous y retrouverez la grande majorité des 140 règles concernées. Le second sujet, plus technique, sera traité dans les 65 phrases suivantes et est noté sur 300 points. Il porte sur 200 règles supplémentaires, mais vous ne serez pas interrogés sur toutes celles-ci.

Avant de vous lancer dans vos révisions, n’oubliez pas de vous poser une question essentielle : quel score visez-vous ? En effet, gardez bien en tête que la maîtrise des 140 règles vous permettra de gagner 700 points, tandis qu’il vous faudra en connaître 200 de plus pour aller chercher les 300 points supplémentaires.

Selon le score que vous visez, concentrez vos efforts sur les règles des niveaux associés. Mieux vaut maîtriser parfaitement les 140 règles du niveau « supérieur » que vous embrouiller entre celles-ci et les 200 règles supplémentaires du niveau « excellence ».

Je vous conseille donc de commencer par parcourir l’ensemble des règles concernées. Ainsi, que vous les parcouriez rapidement ou les découvriez, vous aurez une bonne idée du type de faute sur lesquelles vous focaliser. Pas de surprise : dans notre langue française adorée, les règles viennent souvent avec nombre d’exceptions ! Et ce sont justement ces exceptions que vous retrouverez en masse lors de l’examen. Ne les négligez pas.

Parfois, il vaut donc mieux concentrer ses efforts sur le premier sujet, même si je vous recommande de quand même prendre le temps de lire au moins une fois les règles du second sujet pour grappiller quelques points.

 

Les ouvrages conseillés

Pour connaître les règles concernées et commencer vos révisions, on vous conseille plusieurs livres, parmi les suivants :

 

  • Maîtrisez l’orthographe avec la Certification Voltaire, par Bruno Dewaele et Agnès Colomb (Éditions Eyrolles)
  • Optimiser son score à la Certification Voltaire, par Marie-France Claerebout (Éditions Puf)
  • Le Grand Livre de l’orthographe – Certificat Voltaire, par Dominique Dumas (Éditions Vuibert)
  • L’Officiel du Certificat Voltaire, par Julien Soulié (Éditions L’Étudiant)
  • Le Guide de l’orthographe (Éditions Nathan)
  • Se perfectionner en orthographe et préparer le Certificat Voltaire (Éditions Studyrama)
  • Le Bled – Les 100 fautes que les recruteurs ne veulent plus voir (Éditions Hachette)

Je ne les connais pas tous, mais vous y retrouverez généralement toutes les règles concernées, des exemples, des exercices, des moyens mnémotechniques et même des annales pour vous entrainer.

 

S’entrainer

Ne sautez surtout pas cette étape ! C’est très important que vous compreniez que ce type d’examen est très spécial. Cette façon de devoir trouver de zéro à trois fautes dans une phrase nous fait beaucoup plus douter que lors d’une dictée, par exemple.

 

Le projet Voltaire

Le projet Voltaire a été spécialement conçu pour se préparer au passage de l’examen. Il propose un programme d’entrainement en ligne qui s’adapte au niveau d’orthographe de la personne. Plusieurs modules sont disponibles, permettant de viser 300, 700 ou 990 points. Ces modules s’achètent individuellement et coûtent en 35 € et 50 €.

Le principe : chaque module est découpé en exercices qui portent sur un petit ensemble de règles. Au sein de chaque chapitre, des phrases vous sont proposées. Vous devez soit cliquer sur le mot contenant la faute, soit sur le bouton « il n’y a pas de faute ». L’application s’adapte aux réponses : si vous avez des difficultés pour maîtriser une règle, elle vous proposera des phrases d’application de ladite règle jusqu’à ce que vous arriviez à donner la bonne réponse plusieurs fois d’affilée.

À chaque fois, la règle et ses exceptions sont réexpliquées.

 

Les livres d’exercices

Si vous avez la possibilité de recommencer plusieurs fois les exercices du projet Voltaire, vous risquez néanmoins de retomber sur les mêmes phrases, ou d’être biaisés en sachant sur quelle règle vous êtes interrogés. Varier les supports va donc vous permettre d’être réellement plus à l’aise avec les règles. Cela vous permettra également de mieux vous évaluer.

 

Les annales

Impératif ! Si vous avez été attentifs, vous avez peut-être remarqué qu’aucun des exercices que j’ai décrits plus haut ne correspond réellement aux exercices de l’examen. Même s’ils sont un très bon moyen de s’exercer, ils ne remplacent donc pas des annales.

S’entrainer grâce aux annales va vous permettre de bien assimiler le principe et de réfléchir différemment. Il est très différent de chercher une faute dans une phrase, ou d’ignorer s’il s’en cache une (ou deux, ou trois, ou pas du tout !).

 

Comment s’inscrire ?

L’inscription est simple et rapide, et se fait sur le site internet du certificat Voltaire. Elle coûte 59,90€. Tous les examens se passent dans des centres agréés. En effet, cela est nécessaire pour garantir que vous êtes bien la personne qui obtient le score !

Vous obtenez en ligne la liste des centres d’examens près de chez vous, et les dates des prochaines sessions. Notez que selon les centres, l’examen se passe sur ordinateur ou sur papier. Si vous choisissez le format numérique, un délai de trois semaines minimum est nécessaire.

Il est évidemment vivement recommandé de réviser et de s’entrainer avant le passage de l’examen ! Je vous conseille donc de faire attention à votre disponibilité dans les jours et les semaines précédant la date que vous aurez choisie. Soyez également attentif à l’heure de l’examen qui varie selon les centres : pour ma part, j’ai préféré choisir un centre un peu plus loin de chez moi, mais avec un examen à 10h au lieu de 7h du matin ! Autant être en forme pour les deux heures de concentration intenses qui vous attendent.

 

Tous mes conseils pour être bien préparé

 

Prenez le temps

Prenez le temps de réviser. À titre d’exemple, chaque module du projet Voltaire (sur mobile) m’a demandé sept à huit heures de travail pour aller au bout. Et j’ai préféré les recommencer une ou deux fois après ça, car je ne maîtrisais pas toutes les règles sur le bout des doigts.

 

Faites plusieurs fois les exercices

Réviser, s’entrainer … et recommencer ! Je vous l’ai déjà dit : quand on s’habitue à lire des mots mal orthographiés, on doute ensuite beaucoup plus facilement sur des règles que l’on pensait pourtant maîtriser. Prévoyez donc de revenir régulièrement à votre livre pour vous imprégner de ces règles.

 

Ne négligez pas les annales

Prévoyez de faire au moins une annale complète chronométrée (c’est-à-dire, en deux heures). Vous saurez de combien de temps vous avez besoin pour faire le tour des questions, et cela vous permettra de mieux gérer votre travail, et votre stress, le jour J. De plus, vous aurez également lu les consignes d’examen ; vous serez plus sereins.

 

Faites-vous accompagner

Il est tout à fait possible de préparer seul·e le certificat Voltaire : c’est ce que j’ai fait ! Mais si vous vous retrouvez dans les situations suivantes :

 

  • vous ne vous sentez pas à l’aise avec les explications grammaticales de type : « l’accord se fait avec le COD lorsque ce dernier est placé avant le verbe » ;
  • vous avez du mal à vous motiver seul pour travailler sur des exercices de grammaire ;
  • vous avez besoin d’un angle de vue différent pour enfin retenir les règles essentielles .

Alors je vous conseille de vous tourner vers la formation !

 

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